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Les
allergies correspondent à une utilisation inappropriée
de réponses immunitaires physiologiques.
Grossièrement
nous pouvons considérer que notre organisme
est protégé de l'extérieur par
d'un côté la peau, de l'autre les muqueuses.
Ces deux interfaces sont notablement différentes
et c'est pourquoi les maladies
allergiques que l'on y retrouve s'expriment souvent
de façon très différentes.
Pour
qu'il y ait "allergie", il faut déjà
avoir rompu cette barrière physiologique qu'est
l'interface en question: peau ou muqueuse. C'est donc
une rupture de l'immunité
dite "passive". C'est important à
comprendre car de la même façon: tout
ce qui vise à rétablir cette immunité
passive "traitera" les signes cliniques
de la maladie allergique.
Comme
toute réaction immunitaire, les
allergènes doivent dans un premier temps
être identifiés par l'organisme comme
des adversaires pour que celui-ci puisse mettre en
place une réponse d'allergie. L'allergie est
spécifique.
Les
réactions d'allergie sont également
appellées réactions d'hypersensibilité.
Gell & Coombs ont
tenté autrefois de les catégorier. Bien
sûr cette classification est artificielle et
les formes purement de type 1 ou 4 sont rares, bien
souvent l'intrication des mécanismes est la
règle quoiqu'il en soit. Ces réactions
sont donc catégoriées en:
- Réactions
immédiates
- Réactions
cytotoxiques
- Réactions
à immuns complexes
- Réactions
retardées
Les
plus fréquemment observées en terme
de maladies allergiques sont les immédiates
et les retardées. Les autres formes sont très
certainement sous estimées.
Nous
détaillerons donc ici plus particulièrement
les formes immédiates et retardées d'hypersensibilité.
L'allergie
immédiate fait appel à une réponse
qui de façon physiologique nous permet de lutter
contre les parasitoses et également dans certains
cancers. Cette réponse est liée aux
anticorps de type E.
- Premier
contact: l'allergène (par exemple les
débris de l'acarien) entre en contact avec
le système immunitaire(cellules présentatrices
d'antigène). Celui-ci, du fait de circonstances
particulières (cf profils
Th1/Th2) décide de fabriquer des anticorps
de type E pour les séquences protéiques
qu'il a rencontré. Ceci se traduit par une
production d'anticorps de type E qui sont alors
répartis dans tout l'organisme par la circulation
sanguine et se fixent là où ils trouvents
des récepteurs adaptés (RFce
) soit essentiellement les mastocytes
cutanés et muqueux et les basophiles
(circulants). C'est la phase de sensibilisation.
- Deuxième
contact: l'allergène est en contact avec
les cellules porteuses d'anticorps de type E sur
leur membranes. Ce contact active ces cellules qui
libèrent alors des substances extrêmement
délétères et pro-inflammatoires.
Ces substances ont également d'autres activitées
non anodines: elles attirent les polynucléaires
éosinophiles
en masse dans le tissu lésé et les
active, elles entrainent une favorisation des réponses
de type allergique auprès des cellules
présentatrices d'antigènes.
L'allergie
immédiate est d'un mécanisme redoutable
car sa mise en oeuvre favorise son entretien. De nombreux
auteurs estiment acctuellement qu'elle s'auto-amplifie
ce qui expliquerait l'augmentation en fréquence
des polysensibilisés.
L'allergie
retardée fait appel à une réponse
cellulaire, elle ne repose nullement sur les anticorps.
Elle est essentiellement décrite pour l'eczéma,
la voici décrite brièvement:
- Premier
contact: Une substance se fixe aux cellules
de la peau (kératinocytes, cellule de langherans
ou macrophage...).
La cellule de Langherans qui a reconnu l'allergène
migre alors vers les ganglions satellites où
elle présente l'allergène aux autres
cellules (lymphocytes). C'est ici que l'organisme
décidera du sort à donner à
l'adversaire... Si
l'allergie est retenue les lymphocytes mémoires
vont venir peupler les différents ganglions
de l'organisme passant alors au stade de veille
et circulant de ganglion en ganglion.
- Deuxième
contact:
La substance se fixe à nouveau sur les kératinocytes
(ou CL ou macrophage). Ceux-ci appellent à
nouveau les lymphocytes circulant (Rantes). Un lymphocyte
mémoire de l'allergène concerné
le reconnait, il migre alors à l'intérieur
de la peau et tente de détruire l'adversaire
en créant des lésions vésiculeuses
intradermiques. Les lymphocytes spécifiques
et aspécifiques affluent en masse sur le
lieu de l'allergie créant d'importantes lésions
en général en 48h à 72h. D'où
le nom d'allergie retardée.
Bien
entendu ceci n'est que le prélude à
d'autres allergies là aussi...
L'immunité
passive est lésée, les cellules présentatrices
activées, le contact avec l'environnement intense.
Bref
toutes les conditions sont réunies pour que
d'autres sensibilisations se fassent et entretiennent
l'allergie.
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grand public
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